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5 avril 2020 Sous nos fenêtres, un moment de grande dérision : à chaque piéton qui passe, soit en marchant, retour des courses, besoins premiers obligent, soit en courant, le footing dans un sas d’un kilomètre s’est développé, en quelques jours, à une vitesse impressionnante, engouement des stressés de l’enfermement. À deux, on fait une observation de leur coupe de cheveux En secret, on fait nos petits commentaires délicieux sur les têtes, en mal de coiffeur : c’est pas chouette du tout. Les larges touffes s’étoffent, on voit des passants, casqués de cheveux comme je l’étais enfant. Ceux qui nous donnent plus de plaisir à nous moquer (tendrement, histoire de se changer les idées) c’est ceux qui, dégarnis largement sur le devant du crâne, se retrouvent avec un flottement de chevelure arrière, crinière en soi, d’un autre temps : ça fait du bien de se lâcher, surtout quand on sait le travail que vont avoir les coiffeurs, à la pseudo libération, avec les clients sur le trottoir, l...
 3 avril 2020 « Les périodes de décadence sont, me dit-il, les périodes les plus claires, celles où les hommes se reconnaissent. Aujourd’hui, ils ne se reconnaissent plus. ». Propos de Paul Éluard, rapportés par Jean Follain, jeudi 21 novembre 1940. Remarque pour le mois inspirante, en ces temps de crise où, du reste, rien n’est comparable. Comme le disent certains anciens, ces derniers jours, ceux mêmes qui malgré les directives arpentent les rues, papotent, cherchent la relation, on est chez soi au chaud, on mange bien et on attend. Rien à voir avec les heures sombres de l’occupation où pour les juifs et les résistants il fallait fuir, se cacher, et où aussi, écrasé par les ombres, il fallait ramer dur pour trouver de quoi se sustenter. Les toits étaient de chaume et les espoirs, de paille, certains soirs quand on allait se coucher, la faim au ventre. Pour autant, un point commun, certes à des niveaux différents, mais un beau point commun demeure : une nouvelle fois, l’i...
25 mars 2020 Je ne fais que me repasser en boucle cette idée, suggérée par un homme vu la veille par vidéo conférence, selon laquelle le coronavirus ne serait qu’un virus capitaliste qui tue les vieux, préserve les jeunes et expose les pauvres. Cynique la remarque a de quoi faire gamberger, quoique décalée. Elle rejoint, néanmoins, sur un autre plan, celle d’un autre jeune homme, quelques semaines auparavant et que je renvoie aussi la veille : Il s’était, un instant, à l’époque, tortillé les cheveux, en signe d’embarras, avait lâché un grand sourire, un peu nerveux puis il m’avait balancé sa remarque : « s’il y a quelque chose qu’on doit se dire concernant le réchauffement climatique et la catastrophe écologique que nous vivons, c’est que le monde est surpeuplé. » « Peut-être qu’une bonne infection soulagerait la planète» avait-il lâché, gêné. Entre les lignes, il l’avait dit, il fallait pour lui attendre une hécatombe. Bien évidemment il était conscient du côté terrifiant de sa r...